Ces derniers temps j'avais du mal à mettre des mots clairs sur la confusion qui règne en permanence dans le discours présidentielle entre républicanisme et croyance. La question est déjà qu'est-ce que la république? La suivante est comment concilier les différences (religieuses et autres...) avec les valeurs de la république? Alors voilà enfin des gens qui expliquent avec simplicité et pédagogie comment reconsidérer la question religieuse dans la république. L'erreur principale est déjà de mettre ces concepts sur la même marche. L'homme sarkozien qui se dit très "républicain" tire l'idée républicaine vers le bas pour la mettre en opposition avec les questions sociales "éthnicisées" et "confessionnalisées" par son propre discours alors que, comme Bariza Khiari et Jean-Pierre Michel l'expliquent, le républicain est le gardien de la position arbitrale de la république comme médiatrice de toute question sociale, comme projet de société. C'est à la fois ce qui régule le présent et le fil directeur pour l'avenir.
"La diversité et l'acceptation de l'islam sont le test de crédibilité de notre République laïque, qui doit pouvoir concilier les termes du triptyque République, laïcité, égalité. La République n'est pas seulement une forme de régime politique. Elle est un ensemble de principes, de valeurs. Elle est surtout un projet. Affirmer que la République a besoin de croyants convaincus, c'est nier la valeur de ce projet."
"Comme il l'avait fait avec les imams lors des émeutes dans les banlieues en 2005, Nicolas Sarkozy prône la présence des religions dans le champ politique pour pacifier les tensions sociales aggravées par sa politique. Après avoir tenté d'ethniciser la question sociale, il essaie aujourd'hui de la confessionnaliser. En survalorisant l'appartenance religieuse par rapport à l'appartenance à la nation républicaine, il contribue un peu plus chaque jour à communautariser notre société. En hiérarchisant les monothéismes, il instille un ferment de division supplémentaire, comme il l'a déjà fait entre Français et immigrés, ou entre salariés du public et du privé."
source : Lemonde.fr "Nicolas Sarkozy contre l'espérance républicaine"